Edward van Vliet

 

GLOBAL DESIGNER.
Loin du minimalisme standard et des monochromes de rigueur, les créations du néerlandais Edward van Vliet détonnent par l’audace des motifs et la juxtaposition des matières.



C’est à travers le monde qu’il va chercher ses inspirations : Chine, Japon, Maroc, Afrique Noire, et les grandes monopoles telles que Londres, Paris ou New York. Il y observe tout : l’architecture et les paysages, les habitants et leurs vêtements, l’artisanat et le folklore, la vie quotidienne, les matériaux, les formes, les couleurs et les motifs… qu’il réinterprète dans des intérieurs ou des pièces de mobilier aux contours dénués de fioritures mais tapissés d’étoffes variées et pleines de vie. Van Vliet n’a pas vraiment de maître en la matière. Il préfère citer l’artiste Japonais Takashi Murakami, proche de l’univers manga, comme personnalité inspiratrice, pour son usage de la couleur et les techniques qu’il emploie.
L’atelier van Vliet n’a cependant pas la taille de la fabrique murakamienne. Le designer amstellodamois, qui fête en 2010 les vingt ans de son agence, travaille avec seulement quatre autres collaborateurs. Ce qui ne l’empêche pas de multiplier les commandes pour un grand nombre de marques européennes telles que Moroso, CasaMilano, Palau, Ligne Roset, ICE Carpet et Moooï, tout en réalisant des intérieurs d’hôtels et de restaurants, à Amsterdam (les établissements Nooon, Open, Razmataz et l’hôtel Robertramon) et ailleurs : Barcelone, Marrakech, Mozambique… Dernière commande en date, un concept d’hôtels pour une grande chaîne espagnole : « je travaille sur l’aménagement intérieur, le mobilier, mais aussi sur l’identité visuelle et même le menu ! » résume van Vliet qui se réjouit de se pencher sur tous les paramètres qui font le succès d’un lieu.

Ce qui fait la particularité et le succès de van Vliet tient peut-être en sa capacité à s’adapter au style de ses clients, tout en conservant une facture et un langage qui lui sont propres. Laissé en liberté, le designer produira la collection « Sushi » par exemple (ci-contre), qui conjugue les bleus et les oranges, les roses et les rouges, les motifs de fleurs et les motifs géométriques, les lignes et les aplats, les velours et les cuirs… En résulte un environnement d’une grande gaîté, à la fois ludique et raffiné. Quand les voeux du client sont à plus de sobriété, ou à une atmosphère plus classique, c’est le cas des chambres cossues de l’hôtel Robertramon, qu’à cela ne tienne : van Vliet rationne son usage des couleurs et joue sur les matériaux et la juxtaposition des motifs. Des motifs souvent inspirés par les lignes géométriques de l’architecture, une façon pour van Vliet de survivre aux modes, tout en affichant son style.

 

Retrouvez l’article dans le magazine Artravel 30.

 

 

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