Chantal Thomass |
Les dessous chics.
Figure incontournable de la mode, Chantal Thomass évolue depuis ses débuts à l’avant-garde, pionnière d’un style et d’un univers intemporel, glamour et résolument féminin.




Vous êtes très sollicitée. Comment choisissez-vous les marques avec lesquelles vous collaborez ?
Vraiment en fonction de ce qui me plaît. Les collaborations me tiennent à cœur, mais je ne les recherche pas particulièrement, on vient plutôt me chercher. Je refuse aussi beaucoup de choses. Je n’accepte que quand je sens que je peux apporter quelque chose à la marque, et que ce soit cohérent avec mon univers. J’ai aussi besoin d’une certaine liberté, je n’aime pas trop les contraintes. Au départ, j’ai souvent commencé quelque chose parce que cela me manquait. Je voulais être reconnue pour ma différence. Aujourd’hui, j’ai toujours besoin d’être très occupée, un côté boulimique. J’ai cette curiosité naturelle et ce besoin à satisfaire d’en faire toujours plus. Créer des pièces à chaque fois plus originales, sans jamais me répéter et donner aux femmes, une forme de liberté, la possibilité d’être féminine, séduisante, et impertinente, avec une lingerie avant tout faite pour elles, pour se plaire.
Avec Le Pradey, vous signez votre première collaboration avec un hôtel, avec la décoration de deux suites. Pourquoi avoir accepté un tel projet ?
Cela faisait un moment que j’en avais envie. J’ai d’ailleurs d’autres projets en cours en France toujours avec Vincent Bastié et une autre proposition à l’étranger pour une grande chaîne. J’ai toujours aimé la décoration. Je décorais déjà mes maisons, mes boutiques, mes vitrines. Le propriétaire du Pradey qui voulait que le thème de l’hôtel soit Paris, m’a demandé quels étaient les monuments qui m’inspiraient. J’ai choisi l’opéra et le Moulin Rouge. C’était un choix très naturel. Mon univers est clairement féminin. J’ai deux facettes, une très romantique, et un autre plus sexy et impertinente.
Vous venez également de signer un abécédaire de vos adresses préférées aux éditions du chêne. Comment voyagez-vous et quelles sont les destinations favorites ?
Je voyage surtout en fonction de mon travail. L’Italie, c’est vraiment l’endroit que j’aime le plus. À Côme pour les tissus, au bord du lac de garde pour les collants. À Paris, je fais relativement peu de shopping. J’adore les Puces. Je préfère les villes, Londres, New-York… J’ai adoré Sao Paulo, Hong-kong et Shanghai où l’ambiance, démente, rappelle le New-York d’il y a trente ans. Sinon, j’adorerais aller à Buenos-Aires où je ne suis jamais allée. Quand j’arrive dans une ville, je vais voir les nouveaux lieux, les nouveaux hôtels, les nouveaux restaurants, avec l’envie de dénicher l’endroit pas encore à la mode. Et puis, je suis une collectionneuse compulsive. Depuis quarante ans, j’ai accumulé une somme hallucinante de photos, de dessins, des documents. Une source intarissable d’idées dont je m’inspire souvent. Même si cela prends énormément de place, cela me sert toujours, et je ne pourrais de toute façon pas vivre dans le vide.
Retrouvez l’article dans le magazine Artravel #43.